Deux logements mis à disposition de femmes victimes de violences conjugales

Trouver un endroit pour être en sécurité est souvent une nécessité pour les femmes victimes de violences conjugales. « Nous avons beaucoup de demandes d’hébergement d’urgence », confie Fatiha Bouzekri, présidente de l’association Destin de femmes. Et c’est pourquoi qu’elle s’est tournée vers CDC Habitat qui a accepté, courant mars, de mettre à disposition deux logements (l’adresse doit rester confidentielle pour des raisons de sécurité). « En plus de loger des familles, déclare Olivier Dupriez, directeur (de l’agence) Picardie du bailleur social,  on doit aussi s’occuper du bien-être locataires et être proches d’eux pour comprendre certaines problématiques».

« Accompagnement administratif, juridique, insertion professionnelle...»

Mais pour gérer cette situation, il fallait s’appuyer sur un partenaire qui dispose des compétences nécessaires pour fournir (à ces personnes en détresse)un accompagnement social adéquat. Celui-ci est nécessaire selon Christelle Brochard, en charge, à la préfecture de l’Oise, de l’égalité homme-femmes et des violences faites aux femmes, qui a pris le relais. Les victimes, explique-t-elle, peuvent subir des violences de plusieurs nature qui « mènent à l’épuisement et avec des freins presque insurmontables ».  À son tour, elle confie la mission au centre Esther Carpentier qui fait partie des Diaconesses de Reuilly, une fondation à but non lucratif et reconnue d’utilité publique. Il dispose déjà à Beauvais d’une structure d’hébergement et de réinsertion sociale. Deux services dont peuvent bénéficier les personnes dans les nouveaux logements. « Nous leur proposons un accompagnement administratif, juridique, sur le plan des ressources financières et l’insertion professionnelle », détaille Karine Van Houteghem, adjointe de direction du centre. En outre les personnes hébergées bénéficient de l’intervention d’une psychologue et d’une carte de transport gratuit pendant plusieurs mois. Par ailleurs, elles peuvent bénéficier du Pack nouveau départ, un dispositif mis en place par l’État (dont justement l’association Destin de femmes est le référent local)et qui simplifie et coordonne des démarches en cas de décohabitation, et leur demande de logement social peut également faire l’objet d’une « attention particulière » de la part des bailleurs sociaux.

Pour bénéficier de ces nouveaux logements il faut passer par le 115 ou le SIAO (Système internationalisé d’accueil et d’orientation) géré par l’association Adarsh et dont le point d’entrée est le 115 (numéro d’urgence gratuit). Ces places vont s’ajouter aux 100 autres d’hébergement d’urgence réservées aux femmes victimes de violences. Celles-ci étaient au nombre de (on a recensé) 4000 (cas) en 2025, pour cette année les chiffres globaux ne sont pas encore disponibles mais, renseigne C. Brochard, « la tendance est hélas à la hausse ».

Espace commentaires

Rejoignez les lecteurs qui ne manquent jamais un titre.

Restez informé où que vous soyez : rejoignez notre communauté grandissante de lecteurs et d'abonnés sur les réseaux sociaux.