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« Ce n’est pas pour moi, ce n’est pas pour toi, ce n’est pas pour elle ». Par cette phrase, Arnaud Quiniou, ex sous-préfet de l’Oise chargé de la politique de la ville (il vient tout juste d’être appelé à d’autres fonctions), expliquait à Harmonie il y a quelques jours la mission qu’il s’était fixée: lutter contre les freins socioculturels qui empêchent les jeunes des quartiers de réussir. Atteindre cet objectif passe notamment par l’engagement de ces derniers dans les métiers de sécurité et à travers des dispositifs mis en place par l’État comme les trois suivants.
Cadets de la sécurité civile, préparation militaire marine, Groupe espoirs de la police nationale
D’abord les Cadets de la sécurité civile, une initiative destinée aux élèves de 4ème présentée début juin au collège Baumont, partenaire aux côtés des sapeurs-pompiers. Durant la période scolaire et suivant un calendrier adapté, ces derniers vont leur faire découvrir les métiers liés à « la sécurité des personnes, de leurs biens et de leur environnement ». Au terme de cet apprentissage qui se déroulera au sein de l’établissement scolaire et au SDIS à Tillé, ils se rendront à Marseille pour cinq jours, un déplacement propice aux découvertes, à l’apprentissage de la « camaraderie, l’autonomie et la mobilité en dehors du cadre familial».
Pour faire partie du groupe, la nationalité française n’est pas requise et il suffit juste d’être scolarisé. Et l’objectif n’est pas de pousser les élèves à devenir sapeurs-pompiers mais plutôt à « être utile et s’engager au service des autres ».
Ensuite il y a la Préparation militaire marine, ouverte aux jeunes de 16 à 21 ans et de nationalité française. Elle se déroule en deux périodes: la première couvre 12 samedis et est consacrée à « l’apprentissage du milieu militaire et maritime, la pratique du sport et l’entraînement aux exercices de sécurité ou de secours »; la seconde de 5 jours a lieu dans une base navale et permet de « visiter des bâtiments de guerre et d’embarquer à bord de l’un d’eux ». Et pour en savoir plus, contacter le Centre d’information et de recrutement des forces armées (Cerfa) de Compiègne au 03 44 38 59 59.
Enfin, il y a le Groupe espoirs de la police nationale de l’Oise (GEPN 60). 15 filles et garçons de 15 à 18 ans participent, de septembre à mai prochain, à cette immersion et découvrent, entre autres, les unités de terrain et les services spécialisés de la police. Au programme figurent également des échanges interactifs, des ateliers pratiques de secourisme, de self-défense ainsi que des visites de diverses institutions (commissariat, préfecture, tribunal judiciaire, assemblée nationale, etc).
La promotion actuelle est la première en France, une seconde pourrait être lancée, l’année prochaine, à Creil. Pour faire partie du groupe, se renseigner auprès de l’Hôtel de police qui se trouve au 135 rue des Déportés, à St-Jean.
L’ex sous-préfet va rejoindre le Ministère de l’intérieur
Le suivi de ces différents dispositifs sera certainement assuré par la remplaçante d’Arnaud Quiniou. Ancien lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers et ex-conseiller de ministre, il a roulé sa bosse un peu partout et occupé diverses fonctions avant d’atterrir dans l’Oise. Ce qui ne l’a pas empêché de partir en mission loin du département si besoin. Et c’était le cas il n’y a pas longtemps à Mayotte où il est parti s’occuper de la rentrée scolaire suite à un cyclone dévastateur.
A. Quiniou va rejoindre le Ministère de l’intérieur où il s’occupera des relations entre la gendarmerie et les collectivités. Il boucle ainsi trois ans de service dans l’Oise et lors desquels il a pris diverses initiatives pour atteindre ses objectifs: « l’égalité filles-garçons, la réussite à l’école en misant sur l’excellence et l’engagement citoyen ». Homme de terrain, il s’est rendu fréquemment à St-Jean où il a noué des contacts privilégiés en particulier à travers divers partenariats avec l’association locale Destin de femmes.
Désireux d’ouvrir les portes de la réussite aux jeunes et notamment à ceux issus des quartiers prioritaires. Et grâce à lui, il leur a offert des stages à la préfecture plus de 150 à d’entre eux ont effectué leur stage à la préfecture de l’Oise. Cependant il n’est pas tendre avec ceux qui ne font pas d’efforts. « Au lieu de se plaindre, engagez-vous ! », s’exclame-t-il constatant qu’il y a « beaucoup de peur et d’autocensure dans les quartiers ». Par ailleurs il s’insurge contre les stéréotypes, les freins à la mobilité et pense que les familles ont, elles aussi, une part de responsabilité dans la réussite des jeunes. « Quand on choisit la facilité, explique-t-il, on fabrique l’échec, on favorise la frustration et c’est contre la citoyenneté. »
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