Les marcheuses de St-Jean sillonnent les rues du quartier

Un groupe de femmes de St-Jean marchent quotidiennement pour entretenir leur forme.

Motivées, elles le sont vraiment. Et même le jour de la rentrée scolaire, elles avaient pris juste le temps de s'occuper de leurs enfants avant d'enfiler leurs baskets et d'arpenter les rues de St-Jean. Elles, ce sont des femmes du quartier qui, depuis l'été dernier, se retrouvent tous les jours en début de soirée pour marcher et entretenir leur forme. «L'idée est née lorsque les ateliers de sport qui se déroulent au centre social MJA ont arrêté lors des vacances scolaires, alors on a décidé de continuer à faire du sport en marchant», explique Penda Sy, la coach du groupe. Sportive, elle fait du jogging tous les jours, pratique depuis longtemps de la danse et compte mettre son expérience au service du groupe qu'elle dirige désormais.

Au départ elles n'étaient que cinq mais au fil des jours et de bouche à oreille l'information a été relayée et d'autres sont venues les rejoindre. Et elles étaient près de quinze lorsqu'Harmonie a décidé de les suivre lors du parcours de 6 kms qu'elles effectuent régulièrement.  « J'avais un coach sportif et je faisais de l'aquabiking mais là c'est plus tranquille et ça se passe très bien », confie Zaya. « Chacune marche à son rythme, déclare Soraya. Penda est devant mais si elle voit du monde derrière, elle revient pour les remotiver.» Rama, elle, n'a pas de mal à suivre la cadence. «Là, je ne lâche pas, dit-elle, et marcher avec les filles me donne du courage. J'ai déjà mangé alors de retour chez moi, je prends juste une douche avant de boire une tasse de thé et je vais me sens bien, prête pour passer une bonne nuit et je vais être en forme le matin pour aller au travail.»

« Je n'ai plus d'arthrose et j'ai perdu 7 kilos »

Sans aucun doute, la plus dynamique du groupe est Rougui, une grand-mère. «Je marche depuis l'année dernière, témoigne-t-elle, et je ressens des effets positifs. Avant j'avais mal au genou, mon médecin m'a conseillé de faire une activité physique alors maintenant je descends à pied pour aller à mon travail en ville et je remonte à St-Jean toujours en marchant. Et je n'ai plus d'arthrose, en plus j'avais du poids et j'ai perdu 7 kilos.» Certaines sont débutantes comme Mounina qui pourtant n'a aucun mal à suivre le rythme.  «Je ne faisais pas du sport, avoue-t-elle, et le fait qu'on soit en groupe ça motive car je ne me vois pas marcher ainsi toute seule. » Du courage et de la  détermination qui forcent l'admiration de Lucia pour ces «mamans qui ont des préoccupations avec une organisation à mettre en place mais qui se disent à un moment donné : voilà j'y vais !»

Convivialité, bonne humeur et bienveillance

La marche se déroule toujours dans une ambiance conviviale, la bonne humeur et certaines sont devenues amies. « Marcher ensemble, confie Sogo, nous permet de sortir de la maison, de nous retrouver entre filles, sans maris ni enfants et de tisser des liens. Maintenant c'est comme si on se connaissait depuis longtemps et c'est devenu un rendez-vous important pour nous.» Et les rejoindre se fait sans formalités et c'est ce qui a notamment séduit Fatima qui a croisé le groupe par hasard. «J'ai vu les filles, raconte-t-elle, elles avaient l'air sympa et j'ai demandé si je pouvais me joindre à elles et voilà.» Et en guise de bienvenue et puisqu'il faisait un peu sombre, le groupe, bienveillant, a décidé de la raccompagner jusque chez elle.

Les marcheuses empruntent en général  l'avenue Rostand en direction de la clinique du parc, tournent à gauche sur l'avenue Winston Churchill qu'elles longent pour atteindre le boulevard de l'Île-de-France et prolongent jusqu'à celui de Normandie. Et là une épreuve les attend puisqu'il faut redoubler d'effort pour se hisser en haut du plateau Camard. Deux groupes se forment : l'un monte la centaine de marches de l'escalier qui relie le centre-ville à St-Jean; l'autre  grimpe au plateau par un ancien sentier qui passe en dessous de la promenade en bois et qui débouche juste au niveau de la piscine Aldebert Bellier. C'est le parcours habituel mais certaines n'hésitent pas à sortir des sentiers battus et  marcher en dehors du quartier. «On a poussé jusqu'à Saint-Martin-Le-Noeud », déclare Marième qui a rejoint le groupe après avoir fait le trajet aller-retour à pied avec Sabrina, une copine. Elles arrivent à temps pour participer aux étirements pour détendre les muscles avant de rentrer.

Le groupe, qui a choisi le nom "Au bout du souffle", échange et s'organise à travers Whatsapp. « On est maintenant au nombre de 40 même si on ne se retrouve pas toutes en même temps car chacune vient selon sa disponibilité, déclare Penda, la coach. Et ce n'est pas fini car j'ai tous les jours des appels de personnes qui veulent nous rejoindre, c'est magnifique et c'est au-delà de mes attentes ». Cependant, l'itinéraire a été changé afin de profiter de plus de lumière le soir et éviter de s'ennuyer en suivant le même parcours. « Maintenant, renseigne-t-elle, on part de St-Jean jusqu'en centre-ville, Voisinlieu ou le pont de l'avenue Blaise Pascal à côté de l'entreprise AGCO et on compte prochainement aller jusqu'au quartier Argentine.» L'idée est aussi de (re) découvrir le patrimoine de Beauvais en passant par l'Hôtel-de-ville et prendre des photos avec en arrière plan le nom de la ville écrit en lettres géantes à la place Jeanne Hachette; passer devant la cathédrale, le musée...Le lundi, certaines filles rejoignent Rhania, du club FC Beauvais (ex-Bellovaques) pour jouer au foot et faire du renforcement musculaire.

Une marche pour les mamies prévue

Les marcheuses de St-Jean gagnent en notoriété et font même des émules. Pour preuve, des mamies du quartier veulent les rejoindre et certaines ont déjà franchi le pas. Et face aux nombreuses sollicitations, il est prévu d'organiser une marche spécifique et adaptée aux grand-mères. « On leur proposera, explique Penda, quelques petits pas au sein du quartier.» Et pour resserrer les liens entre les marcheuses, celles-ci pourraient se retrouver autour d'un goûter ou d'un repas. Par ailleurs, l'initiative pourrait aboutir à la création d'une association qui proposera, entre autres, diverses activités dans une salle durant l'hiver.

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